Paroles d’enfants # 1

Il y a quelques semaines…

 

– Et on est allé dans un train fantôme, et ça faisait peur ! Il y avait un monstre qui avait un oeil en plein milieu du front !!

– Ah, c’était un cyclone alors !!

 

J’ai bien ri !

A

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I ♥ Animation de Rue

Jeudi du BAFA, sortie « sur le terrain » au Valdocco de Lyon pour tout notre groupe d’approfondissement d’animation de rue.

On part tous, certains sachant un peu à quoi s’attendre, d’autres moins. L’animation de rue diffère de l’animation traditionnelle que l’on peut vivre en colonie ou en centre de vacances. En animation de rue, on ne sait jamais précisément combien de jeunes viendront. Si l’on ne connaît pas l’endroit où on anime, on ne sait pas où l’on pourra faire certaines animations, où s’abriter s’il devait pleuvoir, etc. Mais ce qui est génial, c’est que grâce à tout ça, l’animation peut devenir génial si on a des bons co-anims.

Lorsqu’on a une bonne ambiance dans le groupe, quasiment tout est possible. On se répartit les tâches avant, chacun sait ce qu’il doit faire mais chacun est capable de s’adapte à l’imprévu. On oublie des affiches ? C’est pas grave, ça nous donne une plus grande souplesse dans l’adaptation des stands. On plonge dans l’imaginaire et on y va.

On arrive, je fais connaissance avec certains jeunes qui sont déjà là, j’essaye de retenir leurs prénoms (ça peut toujours servir ;-), j’attaque les dessins de cow-boys (hum, le thème était le… Far-West !!), on installe un début de stand, on commence à jouer avec les animés. Je jette parfois un coup d’œil aux autres pour voir s’ils ont besoin d’aide. Tout se passe bien. Coup d’œil partout pour essayer de tout voir, essayer de tisser quelque chose avec les animés, avec ceux qui ne veulent pas (encore) l’être, discuter avec eux, jouer avec eux, voir leurs sourires. Trois petites têtes qui s’amusent seules et qui ne veulent pas jouer avec nous.

Que faire ? Moment plus calme, j’essaye d’inventer une chanson avec les moyens du bord : une mélodie et des paroles de base, le thème, de l’imagination.

Je vais vers elles et leurs demande si elles connaissent une chanson de cow-boy. Non ? C’est parfait, je chante, je leur apprends, on chante d’autres choses, la glace est brisée sous un soleil éclatant.

Fin de l’après-midi, fin de l’animation, plein de sourires, plein de « Vous partez déjà ? mais vous revenez ? ». Voyage du retour, on partage tous ce que nous avons vécu avec  les autres, chacun ayant vécu quelque chose de différent. La fatigue se fait sentir mais avec le sourire et tous les sourires de ces jeunes animés en tête.

I ♥ Animation de Rue !

A

Animateurs, animatrices, bafistes ou bafés

Être animateur :

  • c’est te découvrir des forces cachées quand tu te retrouves à tirer trois enfants dans une montée pour les faire avancer
  • c’est manger du riz au lait industriel en trouvant ça plutôt bon parce qu’il y a pas le choix.
  • c’est trouver des idées d’animations à l’arrache le soir avant de la faire parce qu’il faut combler un creux
  • c’est changer de personnalité trois fois dans une journée sans être schizophrène
  • c’est te démaquiller à 1h du mat’ parce que tu devais assister à la réunion le soir
  • c’est commencer à poster que tu as besoin de boîtes de Tic Tac vides avant le mois de juin
  • c’est poster pour des amis qui ont besoin de pots de yaourts et de rouleaux de papier toilettes
  • c’est devenir une pro (ou presque) en atelier danse et chorégraphie alors qu’en vrai, tu ne sais pas danser
  • c’est faire un nombre record de bracelets brésiliens et de scoubidous pendant l’été
  • c’est raconter les histoires de colos entre anim’s
  • c’est rigoler sous la douche le matin quand il y en a un qui commence à chanter « What a wonderful world » [Spéciale cass-dédi !]
  • c’est avoir le numéro des 8 animateurs que tu appelles le plus souvent en abrégé sur ton portable
  • c’est aussi dire « Les carottes sont cuites » ou « 6 juin 44 » dans ton talkie walkie (découverte des 3 derniers jours cette année 😉 )
  • c’est pouvoir tenir deux semaines en activité intense 18h par jour
  • c’est revenir chez toi pendant ton jour de congé et ramener toute ta lessive
  • c’est ne plus avoir de voix au bout du 4° jour et tenir les 10 jours suivants
  • c’est essayer de trouver la personne qui a les clés dont tu as besoin à travers la colo
  • c’est voir le sourire des petits et des grands pendant 2 semaines
  • c’est se poser pour discuter avec certains
  • c’est s’adapter à un rôle / à un jeu 5 minutes avant le début
  • c’est terminer la préparation de ta veillée ½ h avant
  • c’est avoir des problèmes techniques avec le déchargement de la batterie du PC, le rétro qui ne trouve plus la bonne source, le micro qui n’a plus de piles et les fils de diabolos qui lâchent pendant cette même veillée
  • c’est réussir à se faire un seul café pendant la pause en deux semaines
  • c’est faire des ateliers manuels géniaux avec pas grand chose
  • c’est voir les têtes pas réveillées des uns et des autres le matin
  • c’est s’occuper du service des tables et faire les équipes pour débarasser
  • c’est deviner l’âge des gamins que tu croises et se demander quels types d’animation leur convient le mieux
  • c’est voir tout de suite le gamin qui pourrait tomber et se retourner vers lui dans une soirée paella (6° sens de l’animateur je vous dit !)
  • c’est ne plus avoir peur du ridicule (encore moins qu’avant dans mon cas 😉 )
  • c’est rendre les autres jaloux quand tu reviens parce que tu as bronzé et qu’eux moins 😀
  • c’est vouloir y retourner dès que possible (enfin dès que tu as récupéré ton quota de sommeil manquant) parce que mine de rien, passer de 45 ou 80 gamins à plus rien, c’est bizarre
  • c’est aussi plein d’autres choses…

Et c’est aussi le soir, être allongé sur un banc en regardant les étoiles écoutant les criquets d’une oreille et le silence dans les tentes de l’autre.

A